M. Abdeldjalil Wahid AMMOUCHE soutiendra publiquement sa thèse : Jeudi 18 décembre 2025 à 13h , Université Paris XIII dénommée Université Sorbonne Paris Nord – MAISON DES SCIENCES DE L’HOMME Paris Nord , 2 rue Georges Sand, 93210 Saint-Denis – SALLE 410
Spécialité : Sciences de l’information et de la communication
Sujet : Économie politique de la communication (EPC) des logiciels libres et open source : Vers un nouveau modèle socio-économique ?
Résumé :
La thèse en sciences de l’information et de la communication (SIC) s’inscrit en Économie politique de la communication (EPC) et a pour objet d’étudier les écosystèmes de logiciels libres et open source (LLOS), envisagés comme des alternatives socio-économiques à la production de logiciels propriétaires. Comment des formes d’organisation communautaire se développent, résistent et/ou coexistent avec les logiques privatives dominantes du capitalisme numérisé ? Ce travail de recherche mobilise une méthodologie originale, articulant une immersion ethnographique de long terme au sein d’une entreprise et une démarche de recherche-création autour du développement d’une application collaborative. Ce double ancrage permet de révéler les tensions, les paradoxes et les expérimentations au sein d’écosystèmes numériques, qu’une observation extérieure n’aurait pas été véritablement en mesure d’appréhender aussi finement. L’aboutissement principal de ce travail de recherche est la formalisation d’un possible modèle socio-économique que nous avons qualifié de « distribué ». Il permet de rendre compte des dynamiques collaboratives propres aux LLOS, qui se différencient des modèles socio-économiques mis à jour par différents chercheurs : éditorial, flot, compteur, club et courtage informationnel. Il se construit autour de deux contributions majeures : 1) la valeur « ouverte », située entre valeur « d’usage » et valeur « d’échange », se caractérise par une accumulation progressive via les contributions décentralisées et une temporalité longue, où la valeur croît avec le partage plutôt qu’elle ne se consume ; 2) le « bien libre », catégorie inédite venant compléter les typologies classiques de biens publics, privés ou communs, se traduit par une production bénévole et une diffusion non marchande, où la création collective échappe à la logique de rareté tout en résistant à l’appropriation exclusive.
Mme Amandine GUYOT soutiendra publiquement sa thèse : Vendredi 19 décembre 2025 à 10h , Université Paris XIII dénommée Université Sorbonne Paris Nord – CAMPUS CONDORCET – Laboratoire IRIS- Place du Front Populaire-933222 Aubervilliers- bâtiment de Recherche Sud-SALLE – 0.017
Spécialité : Littérature comparée
Sujet : Le franchissement de la ligne dans l’empire indien : oscillations, transgressions, subversions. Géocritique de la ligne dans les fictions britanniques et indiennes, fin 19è siècle – début 20è siècle.
Résumé :
Les lignes d’interdiction et de démarcation sont un topos constant dans les romans coloniaux situés en Inde britannique. Or, elles ne cessent d’être franchies par les personnages. Cette étude géocritique explore le rôle de la ligne dans les oeuvres suivantes : A Passage to India d’E. M. Forster, Kim de R. Kipling, Gora de R. Tagore, et Krishnakanto’s Will de B. Chatterjee. La persistance et l’ambivalence de ces lignes, qu’elles soient visibles (lignes géographiques, architecturales et urbaines) ou moins visibles (lignes raciales, sociales, sacrées ou morales), soulèvent des interrogations à propos de leur fonction narrative, symbolique et spatiale. La ligne est analysée comme objet d’étude géocritique, une structure micro-spatiale dense, qui à la fois organise et bouleverse l’espace colonial et ses sujets. L’enquête géocritique révèle comment les représentations des lignes façonnent la perception, génèrent la tension du récit et structurent les trajectoires narratives des personnages. Elle propose ainsi d’étendre la méthodologie géocritique en y incluant la ligne comme objet d’analyse. Plutôt que de la considérer comme simple frontière ou limite immuable, la ligne est conceptualisée comme mécanisme polymorphe, symbolique et performatif. Chaque ligne est sous-tendue par un code, qui donne un sens spécifique au seuil, lequel détermine si le franchissement de la ligne est autorisé ou interdit. Néanmoins, les personnages résistent à ces codes et franchissent malgré tout ces lignes. Ces transgressions sont parfois criminalisées et punies, ou neutralisées, devenant alors instants de déterritorialisation et reterritorialisation, qui révèlent la transgressivité et le potentiel subversif de l’espace de la ligne. La ligne émerge en tant que structure spatiale et force narrative active, qui produit des effets de transformation, de résistance, et de puissance. Cette thèse établit la ligne comme un mécanisme narratif et spatial fondamental dans les romans coloniaux, une conceptualisation qui ouvre de nouvelles perspectives de recherches, notamment sur les dimensions anthropologiques, mythologiques et philosophiques de la ligne et de son espace, soulignant le rôle crucial de la ligne dans la production de sens, de pouvoir et de transformation.




