Julie MANGEMATIN
Titre de la thèse : L’entraide psychosociale comme pratique d’émancipation : rapports au pouvoir et enjeux épistémiques
Cette thèse porte sur l’entraide et le care communautaire entre personnes socialement et psychiquement vulnérables. Sensible à l’écologie des savoirs, une enquête ethnographique participative cherchera dans quelles conditions l’entraide peut développer le pouvoir d’agir.
Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM), auto-support communautaire… : ces praxis coopératives interrogent les pratiques et les savoirs institués en clinique psychopathologique, en valorisant le savoir situé issu de l’expérience des concerné.e.s.
Ces espaces postulent un pouvoir émancipateur de l’activité propre, du partage de responsabilités et de la délibération collective. Cependant, la démarche présente des difficultés spécifiques pour des personnes dont le handicap peut s’accompagner d’une fragilité du rapport à l’autre, d’une entrave à l’autodétermination et du poids de préjugés d’irresponsabilité. Comment concilier la relation de care, souvent asymétrique, avec la réciprocité démocratique ?
En outre, les dispositifs GEM, financés par l’Etat, supposent une reconfiguration des responsabilités et des rapports au pouvoir. Des situations d’assujettissement ou de stigmatisation peuvent s’y rejouer. Enfin, en marge des institutions, ces lieux interrogent la place économique et la valeur symbolique accordée au care.
Située à l’intersection des disability studies et de l’éthique du care, la recherche portera une attention particulière aux interactions quotidiennes, aux récits en première personne et aux pratiques créatives
Thesis title : Psychosocial Mutual Aid as an Emancipatory Practice: Relationships to Power and Epistemic Issues
This doctoral research focuses on mutual aid and community care among socially and psychologically vulnerable people. Drawing on the ecology of knowledge, a participatory ethnographic study will explore the conditions under which mutual aid can foster empowerment.
Mutual Support Groups, community self-help and related cooperative practices challenge instituted practices and forms of knowledge in clinical psychopathology by valuing situated knowledge derived from the lived experience of those directly concerned.
These spaces operate under the premise that spontaneous activity, shared responsibilities, and collective deliberation foster emancipation. However, this approach presents specific challenges for people whose disabilities involve fragile relationships with others, barriers to self-determination and a presumption of irresponsibility. How can generally asymmetrical care relationships coexist with democratic reciprocity?
Furthermore, the French state-funded GEM (Groupes d’Entaine Mutuelle) programs entail a reconfiguration of responsibilities and relationships to power. Dynamics of subjection or stigmatisation may be reproduced within them. Finally, by operating at the margins of institutions, these spaces raise questions about the economic position and symbolic value accorded to care.
Situated at the intersection of disability studies and the ethics of care, this research pays particular attention to everyday interactions, first-person narratives, and creative practices.
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